Interview · La Duranne · Aix-en-Provence

Rémi Capeau, adjoint de quartier de La Duranne

Dans cette interview, Rémi Capeau partage son regard d’adjoint de quartier sur La Duranne : son identité, les attentes des habitants, les mobilités, l’architecture, la vie associative et la manière dont ce jeune quartier construit progressivement son histoire.

Propos recueillis par la rédaction d’Aix.fr · Publié et vérifié le

Fonction Adjoint de quartier de La Duranne
Mission Relations avec les habitants, suivi et développement du quartier
Quartier La Duranne
Territoire Aix-en-Provence
Thèmes Cadre de vie, mobilités, architecture, commerces et associations
Angle Un quartier jeune qui construit son identité
Vue du quartier de La Duranne à Aix-en-Provence
La Duranne · Aix-en-Provence

Rémi Capeau, en bref

Adjoint de quartier de La Duranne, Rémi Capeau décrit sa mission comme celle d’un facilitateur et d’un intermédiaire de proximité entre les habitants, les acteurs locaux, les services de la Ville et les autres collectivités.

Dans cet entretien, il revient sur l’identité jeune et familiale de La Duranne, les attentes exprimées au quotidien, les enjeux de déplacement, les choix architecturaux et le rôle essentiel des associations.

Il livre également sa vision de l’avenir : un quartier provençal, équilibré entre les différentes mobilités et pleinement approprié par celles et ceux qui y vivent.

L’interview

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Pour commencer, comment définiriez-vous votre rôle d’adjoint de quartier auprès des habitants ?

Rémi Capeau : « Le rôle de l’adjoint de quartier est avant tout un rôle de facilitateur et d’intermédiaire entre l’échelon le plus local, le plus proche des habitants, et les différents services de la Ville ou des autres collectivités.

Les adjoints de quartier sont un peu des « petits maires », dans le sens noble du terme. Ils sont ces intermédiaires cruciaux de proximité.

D’un autre côté, ils sont également là pour régler les petits problèmes du quotidien qui concernent leur quartier et pour accompagner les différentes associations, les commerçants ou les entreprises lorsqu’ils souhaitent monter des opérations, des animations ou toute autre action favorisant la cohésion et la vie du quartier. »

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Comment présenteriez-vous votre quartier à quelqu’un qui ne le connaît pas ?

Rémi Capeau : « Je présenterais La Duranne d’une manière un peu humoristique Aix-en-Provence du XXIᵉ siècle, la Duranne a un peu plus de 30 ans.

Nous sommes donc un jeune quartier et, comme tout ce qui est jeune, nous en avons les bons côtés : l’effervescence, l’énergie, l’envie de bâtir des choses nouvelles… Mais aussi les inconvénients, avec parfois un manque de recul sur certains de nos aménagements.

Mais comme le dit l’expression, on pardonne beaucoup de choses à la jeunesse !

La Duranne évolue très rapidement à l’échelle de l’histoire d’Aix-en-Provence, mais pas encore assez rapidement selon certains de ses habitants !

En tant que jeune quartier, nous sommes donc à la fois une nouvelle vitrine d’Aix-en-Provence et une sorte d’eldorado pour de nouveaux habitants, ou même pour des Aixois historiques qui souhaitent s’installer dans un quartier nouveau pour y fonder une famille, monter une entreprise ou se lancer dans leur premier projet immobilier. »

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Qu’est-ce qui fait, selon vous, l’identité de ce quartier dans Aix-en-Provence ?

Rémi Capeau : « L’identité de La Duranne est justement celle d’un quartier jeune.

La population elle-même est particulièrement jeune : selon les chiffres de 2022, sur environ 10 000 habitants, près de 60 % ont 40 ans ou moins.

Son identité, c’est donc celle d’un quartier jeune, familial, actif et dynamique, avec tout ce que cela implique en matière d’énergie, d’attentes et d’évolution. »

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Quel lieu, quelle rue ou quel moment du quotidien résume le mieux son ambiance ?

Rémi Capeau : « Je dirais que le lieu qui caractérise aujourd’hui le mieux La Duranne est certainement le secteur du Coteau, que nous avons livré en 2024.

Il représente assez bien la synthèse de tout ce qui a été réalisé depuis la naissance du quartier en 1991 : un groupe scolaire, des commerces, des restaurants, une grande place, une fontaine et une très belle vue.

Et pourquoi est-il caractéristique de La Duranne ? Parce qu’en fonction des moments de la journée, cet endroit peut être extrêmement calme, comme peut l’être le quartier, puis connaître une véritable effervescence à la sortie des bureaux, des écoles ou entre midi et deux, autour des commerces et des lieux de vie.

C’est également devenu un endroit où les habitants se retrouvent et se rassemblent. »

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À quoi les habitants semblent-ils le plus attachés ici ?

Rémi Capeau : « Les habitants sont attachés à une certaine tranquillité de vie, tout en étant à proximité immédiate de lieux beaucoup plus bouillonnants : le pôle d’activités, le centre-ville d’Aix, Plan de Campagne, la gare TGV ou encore l’aéroport Marseille-Provence.

Les gens sont donc attachés à un quartier calme, mais avec juste ce qu’il faut d’animation, tout en pouvant rejoindre facilement des secteurs beaucoup plus animés au gré de leurs envies.

C’est finalement cet équilibre qui fait aussi l’identité de La Duranne. »

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Quels sujets reviennent le plus souvent dans vos échanges avec les habitants ?

Rémi Capeau : « Les sujets qui reviennent le plus souvent sont la demande de nouveaux commerces, davantage d’animations, même s’il y en a déjà beaucoup, et surtout la possibilité de mieux se déplacer.

Comme chacun le sait, tout cela ne dépend pas uniquement de la Ville. Pour autant, nous travaillons avec l’ensemble des collectivités compétentes afin de faire avancer ces sujets. »

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Qu’est-ce qui a le plus changé dans le quartier ces dernières années ?

Rémi Capeau : « Avec les aménagements réalisés ces dernières années, nous avons pu travailler sur un choix architectural beaucoup plus affirmé que ce qui avait parfois été fait durant la décennie 2010-2020.

Nous avons notamment demandé aux constructeurs de travailler davantage sur ce que l’on pourrait appeler du néo-provençal.

Un bâtiment peut parfaitement être moderne, mais s’il ressemble exactement à ce que l’on pourrait construire à Paris, Brest ou Toulouse, cela n’a pas beaucoup de sens. Nous sommes à Aix-en-Provence et notre architecture doit aussi raconter quelque chose de notre territoire.

Nous avons donc souhaité retrouver davantage de toitures en tuiles romanes, des façades dans différentes nuances d’ocre, des terrasses plus généreuses permettant de faire entrer davantage de lumière dans les appartements, mais également une place beaucoup plus importante accordée aux espaces verts et aux espaces piétons. »

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Quelle amélioration concrète ferait le plus de bien au quotidien ?

Rémi Capeau : « Comme je l’évoquais précédemment, ce qui changera véritablement La Duranne à terme, ce sera l’arrivée d’un transport en commun structurant, de type BHNS, tramway ou train, permettant de relier efficacement le centre-ville d’Aix, le pôle d’activités — où travaillent de nombreux habitants — et La Duranne.

Cela permettra à beaucoup d’habitants d’utiliser moins systématiquement leur véhicule et de privilégier davantage les transports en commun, voire le vélo lorsque cela est possible.

Aujourd’hui, cela reste compliqué, notamment sur certaines tranches horaires. Entre 20 heures et minuit, par exemple, l’offre de transports reste encore insuffisante. »

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Y a-t-il une initiative locale, associative ou citoyenne que vous aimeriez mettre en avant ?

Rémi Capeau : « S’il y a une initiative que j’aimerais voir se développer davantage, c’est l’implication des habitants dans nos associations, et notamment dans notre comité des fêtes.

On se rend rapidement compte que ce sont souvent les mêmes personnes qui donnent de leur temps comme bénévoles. À force de vouloir proposer toujours plus d’animations, et surtout des animations de qualité, ces bénévoles peuvent finir par s’épuiser.

Avec davantage de bénévoles, nous pourrions organiser un meilleur roulement, soulager ceux qui donnent déjà énormément de leur temps et, pourquoi pas, proposer encore davantage d’animations.

Donc, petit message du jour : rejoignez notre comité des fêtes, Duranne Animation ! »

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Comment gardez-vous le lien avec les habitants au fil de l’année ?

Rémi Capeau : « Même si je me balade régulièrement dans le quartier et que j’y rencontre très souvent les habitants, l’un des liens les plus forts reste aujourd’hui celui des réseaux sociaux.

Les différents groupes existants, que ce soit à l’échelle des résidences ou du quartier dans son ensemble, sont de formidables outils pour transmettre rapidement de l’information, mais également pour recueillir les remarques, les propositions et les doléances des habitants.

Cela ne remplacera jamais le contact humain, mais c’est devenu un outil de proximité incontournable. »

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Quelle idée reçue sur ce quartier aimeriez-vous nuancer ou corriger ?

Rémi Capeau : « Encore trop souvent, j’entends dire que La Duranne serait une cité-dortoir.

Pourtant, lorsqu’on y habite, on se rend très vite compte que ce n’est absolument pas le cas.

Bien sûr, nous voudrions toujours davantage d’animations — et si possible gratuites ! — mais lorsque l’on regarde ce qui est proposé à l’échelle du quartier, y compris en comparaison avec certains villages aux alentours, La Duranne est loin d’être une cité-dortoir.

C’est au contraire un quartier qui construit progressivement sa propre vie. »

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Comment imaginez-vous l’évolution du quartier dans les prochaines années ?

Rémi Capeau : « Pour les prochaines constructions, je souhaite que nous continuions à conserver cet esprit provençal, mais également que nous construisions un quartier où il existe le moins de disparités possible entre les piétons, les mobilités douces et la voiture.

Il est inutile de faire la guerre à la voiture. Certaines personnes sont dans l’obligation d’utiliser quotidiennement leur véhicule et elles ne doivent pas être lésées par rapport aux autres mobilités.

Mais, à l’inverse, imaginer un quartier entièrement organisé autour de la voiture serait tout aussi antinomique avec les enjeux de notre époque.

Notre objectif doit donc être de trouver le bon équilibre entre toutes les mobilités. »

Bonus

Carte blanche : souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Rémi Capeau : « Je souhaiterais terminer sur quelque chose qui me tient particulièrement à cœur.

La Duranne peut parfois apparaître, sur le papier, comme une sorte de ville nouvelle où tout reste encore à construire. Mais elle est surtout, à mes yeux, le théâtre d’une formidable expérience humaine qui va se poursuivre pendant des décennies.

Certaines personnes qui feront le choix de rester longtemps dans ce quartier auront la chance d’assister à toute son évolution et, surtout, à la création progressive de son âme et de son histoire.

Comme dans les vieux villages, des couples vont se former, des enfants vont grandir ensemble, des groupes d’amis vont naître et parfois rester proches pendant des décennies. Des commerces vont ouvrir, certains fermeront, et chacun d’entre eux laissera derrière lui des rencontres, des anecdotes et des souvenirs.

Des associations sportives feront vivre des moments forts à leurs adhérents : une compétition, une victoire, une réussite collective ou individuelle deviendra un souvenir partagé.

Et puis il y aura tous ces petits événements du quotidien. Nous en avons encore eu un bel exemple ces derniers jours avec l’éclipse : des centaines de personnes sont sorties dans les rues du quartier pour regarder, ensemble, la même chose au même moment. À l’inverse, un quartier peut aussi connaître des drames qui soudent profondément ses habitants.

Je pense que les gens ne s’en rendent pas toujours compte, mais ils sont aujourd’hui en train d’écrire les premières pages de l’histoire de La Duranne.

On ne peut pas toujours tout attendre des collectivités. Il existe une part essentielle d’appropriation d’un lieu par ses habitants. Une collectivité peut construire un stade, une école, une place ou un marché : si les habitants ne se les approprient pas et ne les font pas vivre, cela ne sert à rien.

Alors, aux habitants comme aux futurs habitants de La Duranne, j’aurais simplement envie de dire :

Venez découvrir ce quartier, faites-le vivre et venez, vous aussi, poser votre pierre dans cette formidable aventure humaine. »

À propos de cet entretien

Les réponses sont celles de Rémi Capeau et sont publiées dans leur intégralité.

Elles expriment le point de vue de l’interviewé sur La Duranne. Les chiffres, échéances et projets qu’il évoque sont replacés dans le contexte de l’entretien et peuvent évoluer. La fonction et les délégations de Rémi Capeau ont été vérifiées le 14 août 2026 auprès des sources municipales officielles.

 

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