Rodolphe Marilly-Casimir

Interview · Aix-en-Provence Organisateur d’événements, agent d’artistes et écrivain

Installé à Aix-en-Provence depuis 2022, Rodolphe Marilly-Casimir occupe déjà une place incontournable dans la vie artistique aixoise et du Pays d’Aix.

Organisateur d’événements et agent d’artistes, notamment dans les univers de la peinture et de la photographie, il imagine des rencontres, accompagne des créateurs et contribue à faire circuler les œuvres et les publics.

Il est également écrivain et auteur de textes consacrés aux œuvres d’art, prolongeant par les mots le regard porté sur une peinture, une photographie ou le travail d’un artiste.

Dans cet entretien, il raconte son lien avec Aix, ses lieux de prédilection, le souvenir de Jean-Luc Jalta et sa volonté de voir la création locale davantage soutenue tout au long de l’année.

Portrait de Rodolphe Marilly-Casimir, organisateur d’événements, agent d’artistes et écrivain à Aix-en-Provence
Rodolphe Marilly-Casimir, organisateur d’événements, agent d’artistes et écrivain.

L’interview

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Quel est votre lien avec Aix-en-Provence ou le Pays d’Aix ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « De prime abord, le travail, puisque j’ai travaillé rue Montigny pendant plus de trois ans au sein d’un cabinet dentaire.

Puis, dans la continuité, l’art, qui me lie inexorablement à cette ville. Cela s’est fait naturellement, tant au niveau des rencontres que des opportunités. »

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En quelques mots, comment décririez-vous l’ambiance d’ici à quelqu’un qui ne connaît pas encore le territoire ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Selon l’endroit où vous vous trouvez, vous aurez parfois l’impression d’être un citadin au milieu d’une ville en mouvement, parfois d’être un visiteur tant il y a de choses à découvrir, même lorsqu’on y réside.

Et parfois d’être à la campagne, grâce aux différents marchés présents tous les deux jours et aux zones préservées comme Le Tholonet, ou en faisant une randonnée autour des lacs Zola et de Bimont, face à l’un des versants de la Sainte-Victoire. »

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Quand vous pensez à Aix, quelle première image vous vient en tête ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Les grandes portes emblématiques d’Aix et les fontaines. Entre l’art et l’eau.

En particulier, les portes ornées d’atlantes de l’hôtel d’Agut, place des Prêcheurs, de l’hôtel d’Arbaud, place Richelme, et de l’hôtel Maurel de Pontevès, cours Mirabeau. »

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Y a-t-il un lieu public que vous aimez particulièrement ici ? Pourquoi ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « La place des Prêcheurs, grâce à sa fontaine. C’est un lieu de passage continuel, aussi bien pour son marché que pour les commerces et les restaurants tout autour.

Les passants s’y arrêtent, échangent, se retrouvent et se baladent. Les enfants y jouent à la sortie de l’école, les étudiants s’installent sur les bancs adjacents ou autour de la fontaine.

C’est la vie qui s’écoule et ne s’arrête jamais. »

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Quel est votre moment préféré dans la ville ou dans le Pays d’Aix ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Ma rencontre avec Jean-Luc Jalta, celui qui m’a donné envie de croire en mes ambitions artistiques.

D’origine antillaise comme moi, c’était un personnage connu dans tout Aix, tant pour son parcours — puisqu’il y a toujours résidé — que pour ses projets mêlant l’art, la photographie et la réalisation de courts métrages par l’intermédiaire de son collectif The Gang Art.

Hélas, un AVC l’a emporté. Jean-Luc représentait tout l’art de vivre aixois : le sens de la fête, le goût de la beauté et l’amour de sa ville. »

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Avez-vous une petite habitude locale que vous aimez garder ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « La gourmandise est mon défaut.

Prendre un lampion, dessert spécial marseillais datant du début du XXe siècle, chez Weibel, ou quelques madeleines au rhum et au citron chez Les Madeleines de Christophe.

Et lorsque les températures sont accablantes, une glace de qualité chez Casalini. »

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Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui découvre Aix ou le Pays d’Aix pour la première fois ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « De se laisser porter, en prenant comme points de départ la place des Prêcheurs, la place d’Albertas et la place des Cardeurs.

De là, laissez-vous guider par les rues ensoleillées ou ombragées, et entraîner par les odeurs de certains commerces ou de petits restaurants. Vous verrez peut-être des musiciens de rue et rencontrerez certainement des artistes peintres et des sculpteurs au fil des musées et des galeries.

Faites-vous confiance : voici l’étincelle d’Aix-en-Provence. »

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Qu’est-ce que vous aimeriez voir évoluer ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Retrouver ce qui a été perdu depuis plusieurs années : dynamiser la ville tout au long de l’année, tant pour les nuits aixoises, devenues inexistantes, que pour les projets artistiques.

De trop nombreux artistes, dont je fais partie, s’évertuent à créer et à développer des projets sans être reçus ni entendus par la mairie d’Aix.

L’art ne concerne pas une niche. L’art ne concerne pas que le passé. Il est en nous, avec nous. Il est présent et futur.

C’est pourquoi il faudrait aider les artistes locaux à se promouvoir, sachant que les jeunes comme les moins jeunes sont désireux de projets artistiques, afin de rendre la ville encore plus attractive, de jour comme de nuit. »

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Y a-t-il une idée reçue sur Aix ou le Pays d’Aix que vous aimeriez nuancer ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « La bourgeoisie aixoise. L’arrivée des Parisiens.

Comme dans toutes les villes, il y a des quartiers plus réputés que d’autres, des familles préservant leur patrimoine et plus connues que d’autres, ainsi que des investisseurs venus d’autres régions. Où est le mal à cela ?

Le curseur de la richesse dépend du regard que l’on porte sur les autres, raison pour laquelle il ne faut pas oublier de “saluer les gens qu’on croise en montant les marches, car on pourrait les retrouver en les redescendant”. »

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Selon vous, qu’est-ce qu’il faudrait absolument préserver ici ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Entretenir la vie culturelle, c’est créer une passerelle entre les générations, avec l’histoire de la ville, avec celles et ceux qui l’ont bâtie, celles et ceux qui la font vivre et celles et ceux qui veulent l’embellir au fil des années.

Aix-en-Provence n’est ni un dortoir ni un mouroir, mais une œuvre d’art à ciel ouvert, grâce aux innombrables âmes qui la composent, tel un dégradé de couleurs. »

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Aix ou le Pays d’Aix en une phrase, ce serait quoi ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « La lumière protégée par la Sainte-Victoire. »

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Carte blanche : souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Rodolphe Marilly-Casimir : « Ascension

Par monts et par vaux,
Je te regarde du coin de l’œil,
Car nous savons tous les deux ce qu’on vaut.

À dompter les tempêtes, les pluies torrentielles, les années s’amoncellent, et mes rides se figent comme ton flanc, vers le Ciel.

Je te vois comme un objectif à atteindre,
Je comprends mieux pourquoi Cezanne ait tant voulu te peindre.
Immortalisant ton relief comme ses propres prouesses.

Tant de chemins escarpés, de lunes argentées, de vies entrecoupées perdus dans le dédale de nos pensées.
Face à tes courbes ciselées, ton dénivelé me rappelle que tout commence par le bas, alors comment se renouveler ou se révéler pas à pas ?

L’humain et ses chamboulements ne valent pas tes nombreux éboulements, riche d’enseignements.

J’aimerais croire en ma propre ascension, fruit de compromis et de compromission.
Depuis j’œuvre en silence pour faire confiance à mes intuitions et toi ma belle, t’es tu élevée en demandant la permission ?

Rocally »

 

Portrait Aix.fr · Dernière mise à jour : 28/08/2026